Nuit européenne de la chauve-souris

  • Dernière modification de la publication :24 septembre 2025
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Samedi 23 août 2025, une cinquantaine de personnes s’étaient donné rendez-vous à la ferme des Grands Coudrays à l’occasion de la nuit européenne de la chauve-souris animée par Sologne Nature Environnement.
La ferme abrite en effet une colonie de Grands rhinolophes, pour laquelle nous avons reçu le « label refuge pour les chauves-souris ».

La soirée animée par Sarah Bricard, animatrice nature, et Simon Ledeschault, expert chiroptères chez SNE, était organisée en 2 temps.
Une première partie théorique autour d’une projection nous a d’abord permis de rassembler nos connaissances autour de ces animaux.
De nombreux thèmes furent abordés : morphologie, cycle de vie, alimentation, techniques de chasse, écholocation, gîtes, différentes espèces, importance pour la biodiversité, dangers qui les menacent. Voir la page que nous leur avons consacrée.
Le public était très intéressé et les échanges passionnants pour tenter de mieux connaître ces animaux si étonnants et pourtant si mal connus.

Mais la soirée avançait, la luminosité diminuait et il était temps de partir à leur « rencontre » sur les chemins de la ferme.
Les participants à la soirée se répartirent en 2 groupes, menés par Sarah et Simon, chacun muni d’une batbox , dispositif détecteur d’ultra-sons (de l’anglais : bat-chauve-souris, box-boîte).

Petit rappel : « Les chauves-souris produisent des ultrasons pour communiquer entre elles, et surtout pour se diriger : c’est l’écholocation.
Ce principe consiste à émettre des ultrasons, et à analyser l’écho en retour des sons qui butent sur des obstacles pour se construire une image mentale en trois dimensions.

Pour être efficace en déplacement rapide ou en chasse active de proies, il faut émettre ces « sondes sonores » en rafales continues et analyser aussi vite les échos successifs qui se forment ! Comme notre oreille humaine ne perçoit pas les sons au delà de 18 kHertz et que les sons émis par les chauves-souris se situent, pour les espèces européennes, entre 10 et 110 kHz, ces ultra-sons nous échappent. Seul l’emploi d’un détecteur d’ultra-sons permet de les repérer et de les enregistrer. »  Source : https://www.zoom-nature.fr/lecholocation-des-chauves-souris/

Chaque espèce de chauve-souris émet des cris possédant des caractéristiques propres (la fréquence, l’intensité et la durée du cri), qui permettent de déterminer l’espèce dont il s’agit. 
La fréquence des ultra-sons émis par les chauves-souris est aussi différente selon leur activité et il est possible de déterminer si l’animal est en phase de déplacement vers une autre zone, en phase de chasse – les cris s’accélérant pour poursuivre une proie – ou de dégustation de sa proie – absence de de cris-.

Au cours de la soirée, on a ainsi détecter les ultrasons émis par des pipistrelles communes, de pipistrelles de Kuhl, de sérotines communes et de grands murins, sans toujours les apercevoir.
Bilan certes un peu décevant comparativement aux 11 espèces détectées en juillet 2024, mais se balader de nuit, dans le silence, sous un ciel magnifiquement étoilé, au milieu de cette nature avait un côté féerique.

De retour à la ferme, nous sommes passés par la grange pour observer le guano, excréments très fertiles qui attestent de la présence des chauves-souris. Ceux qui s’y sont attardés ont pu voir un Grand Rhinolophe sortir de son gîte.

Les participants à cette soirée, ravis, sont restés nombreux à échanger autour d’un dernier verre.

Quelques jours plus tard, Michaël ROLIN, chargé d’études faune et écologie au CDPNE , est venu comme l’été 2024, pour son inventaire annuel, dans le cadre de l’étude sur l’impact de la nouvelle haie sur la fréquentation des chauves-souris (cf « les chauves-souris aux Grands Coudrays »).
Michaël bénéficie d’un dispositif élaboré pour détecter les chauves-souris.
Alors que Sarah et Simon, lors de la sortie nature, devaient régler manuellement la fréquence de leur batbox sur celles chauves-souris qu’ils cherchaient à repérer, le détecteur à ultrasons de Michaël est connecté à une tablette PC qui visualise sur un même graphique l’ensemble des fréquences observées. Il peut alors en sélectionner une et visualiser le sonagramme correspondant – graphique représentant la fréquence du son en fonction du temps – sur un second graphique. 

Il a porté notre attention sur un sonagramme où deux signaux quasi identiques étaient accolés, le second juste un peu décalé dans le temps et un peu plus faible. C’était, nous a-t-il expliqué, la trace d’un vol en tandem d’une mère et de son juvénile à qui elle enseignait à chasser, le jeune reproduisant à l’identique les cris de sa mère.
Vous trouverez dans la galerie ci-dessous plusieurs des enregistrements réalisés ce soir-là. Merci à Michaël de les avoir partagés .

En plus des espèces « entendues » lors de la sortie nature, des barbastelles et des oreillards ont été détectés, et cerise sur le gâteau, pour la 1ère fois , Michaël a détecté le Murin à moustache, ce qui porte à 12 le nombre d’espèces de chauves-souris détectées aux Grands Coudrays.

Néanmoins, Michaël nous a expliqué que la meilleure période pour les inventaires se situait en juin juillet, période où les insectes sont plus nombreux que fin août.
Il nous a aussi expliqué que lors d’une même soirée, les chauves-souris changent de zone de chasse, pour éviter d’épuiser les ressources, et s’octroient une petite pause au gîte avant de repartir à nouveau.

Il y aurait encore tant de choses à dire, alors nous espérons vous retrouver nombreux pour une soirée chauves-souris en 2026 !

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