À la découverte des chauves-souris
La ferme des Grands Coudrays abrite, en été, une colonie de Grands Rhinolophes, pour laquelle Sologne Nature Environnement nous a décerné, en novembre 2024, «le label Refuge pour les chauves-souris» .
Courant 2024, le Conseil Départemental du Loir-et-Cher, qui avait soutenu notre projet de plantation de trois rangées d’arbres dans la grande prairie, a démarré une étude sur l’impact de cette plantation sur la fréquentation des chauves-souris.
Un inventaire sera effectué annuellement sur une période de 5 ans. Le premier, mené en juillet 2024, par Michaël ROLIN de CDPNE, a révélé la présence de 11 espèces d’entre elles sur la ferme, ce qui témoigne de la bonne qualité de son biotope.
Cela méritait bien de s’intéresser de près à ces animaux très particuliers ?
La chauve-souris est le seul mammifère volant.
Elle est dotée de capacités extraordinaires, et pourtant les chauves-souris sont des animaux très mal connus, qui ont longtemps souffert d’une mauvaise réputation.
Ceci est sans doute dû à leur rythme de vie nocturne et à leur grande discrétion.
Peu d’entre nous ont en ont déjà observé de près.
Pourtant leur ordre, les Chiroptères, est le groupe de mammifères le plus important après celui des rongeurs.
Il représente près d’un quart des mammifères mondiaux. Il existe ainsi plus de 1400 espèces de chauves-souris dans le monde, et 36 espèces sont recensées en France métropolitaine.
On trouve des chauves-souris partout dans le monde à l’exception des régions glaciaires où elles ne trouvent pas de nourriture.
Les chauves-souris présentent une très grande diversité par leur morphologie (poids, taille, pelage, forme des ailes, oreilles, couleur…), mais aussi par leur mode de vie (répartition, habitats, régime alimentaire, techniques de chasse, reproduction…).
Morphologie
Les plus grandes chauves-souris mesurent plus d’un mètre d’envergure. Parmi elles, la Roussette de Malaisie, aussi appelée Grand Renard volant dont l’envergure peut atteindre 1,70 m pour 1,5kg.
La Kitti à nez de porc, aussi appelée Chauve-souris bourdon, est le plus petit mammifère connu au monde. Elle ne pèse que 2 grammes. Elle vit en Thaïlande et en Birmanie.
En France, la plus petite est la Pipistrelle Commune. Elle pèse environ 5 grammes, le poids d’un morceau de sucre, pour une envergure d’une vingtaine de centimètres.
La Grande Noctule, la plus grande chauve-souris d’Europe pèse entre 33 et 70 g pour une envergure de 17 à 46 cm.
Contrairement aux oiseaux dont les ailes partent des bras, les chauves-souris, volent avec leurs mains.
Chiroptère, vient du grec « chiro » qui signifie main et « ptère » qui signifie aile.
L’aile de la chauve-souris ou patagium est constituée d’une fine membrane de peau, élastique, très vascularisée, qui se déploie entre son corps, ses membres, et ses doigts. Seul le pouce n’est pas pris dans la membrane.
Pour faciliter le vol, la chauve-souris dispose aussi d’os très légers particulièrement ceux de la main. Cette fragilité fait que la plupart des espèces ne se posent quasiment jamais au sol et s’y déplacent très maladroitement.
La plupart des chauves-souris se reposent la tête en bas. Cette possibilité de s’accrocher dans de nombreux recoins leur permet de se mettre à l’abri de nombreux prédateurs.
Pour permettre de se suspendre sans effort, les griffes de leurs pieds, équipées d’un tendon spécial, restent agrippées sous le poids de leur corps.
Régimes alimentaires, techniques de chasse, terrains de chasse
Jusqu’à récemment, deux sous-ordres étaient admis chez les Chiroptères, les Mégachiroptères aux grands yeux et aux petites oreilles et les Microchiroptères aux petits yeux et aux grandes oreilles.
Ces sous-ordres sont aujourd’hui remplacés par les Yinpterochiroptera et les Yangochiroptera.
Les Mégachiroptères ne compte qu’une famille, dont la fameuse Roussette.
Ils vivent dans les zones tropicales, et la plupart sont frugivores. Ils se nourrissent de fruits, ainsi que du pollen et du nectar des fleurs.
Ils sont surtout crépusculaires, ne se déplacent guère la nuit. Dotés d’une bonne vue et d’un bon odorat, ils détectent facilement fleurs et fruits.
Quelques-uns, appelés « vampires » se nourrissent du sang des mammifères et des oiseaux. Ils vivent dans les pays tropicaux d’Amérique centrale et du Sud.
Les Microchiroptères se nourrissent, notamment en Europe, presque exclusivement d’insectes et d’araignées.
Selon les espèces, ils consomment des moustiques, des coléoptères, des papillons de nuit, des mouches et des araignées.
Chaque individu peut consommer d’un tiers à la moitié de son poids en insectes chaque nuit.
Chaque espèce choisit ses terrains de chasse et ses proies en fonction de sa taille, de son vol et de ses mâchoires.
Certains privilégient les milieux ouverts tels que les prairies ou bocages, alors que d’autres n’évoluent qu’en milieu fermé comme en forêt. D’autres encore chassent près des rivières et des étangs, d’autres sous les lampadaires.
Certaines chauves-souris ont un vol rapide ; c’est le cas du Grand Murin et des Noctules qui peuvent atteindre 50 km/h.
La Grande Noctule est même capable d’attraper des petits passereaux migrateurs.
À des vitesses pareilles, leur terrain de chasse se situe en altitude (100m).
Le Grand Rhinolophe, lui chasse au ras du sol ou à l’affût suspendu au feuillage.
De petite taille, le Murin de Daubenton est rarement éloigné de l’eau (rivières calmes, étangs…) et loge très souvent sous les ponts.
Il a de grands pieds munis de longues griffes pour attraper ses proies à la surface de l’eau.
le Murin de Bechstein est strictement forestier. Il chasse essentiellement dans les sous-bois denses, à faible hauteur, grâce à un vol lent et précis.
L’écholocalisation
Les Microchiroptères sont nocturnes. Ils quittent leur gîte à la tombée de la nuit pour se nourrir.
Mais comment se déplacent-ils et se repèrent-ils la nuit ?
Au cours de l’évolution – les plus anciens fossiles datent de 52 millions d’années – ils ont développé un système tout à fait particulier de vision acoustique. C’est en fait un système sonar basé sur la production d’ultrasons , appelé écholocation ou écholocalisation.
Ces ultrasons produits par l’animal, par la bouche ou le nez (Rhinolophes) selon les espèces, à des fréquences trop élevées pour être perçues par nos oreilles, renvoient un écho lorsque les chauves-souris rencontrent un obstacle ou une proie, écho capté instantanément par leurs oreilles très mobiles et analysé par leur cerveau. Ainsi, ces chauves-souris, peuvent, dans l’obscurité la plus totale, apprécier la distance, l’orientation, la forme, la structure, la taille et le mouvement d’un objet avec une précision extraordinaire. Attraper un petit Rhinolophe au filet à mailles est quasi impossible. Il détecte un fil de 0,1 mm de diamètre à 10 m de distance.
Certains papillons de nuit ont développé une protection contre les chauves-souris. Ils sont capables d’entendre les ultrasons émis par ces dernières, ce qui leur permet de s’enfuir ou de stopper le battement de leurs ailes pour cacher leur écho caractéristique qui risquerait de les faire être détectés. Pour contrer cette parade, les chauves-souris peuvent cesser d’émettre leurs ultrasons à l’approche de leur proie afin d’éviter d’être repérées.
Les Microchiroptères utilisent l’écholocalisation lors de la chasse et de déplacements en terrain non connu, mais il arrive aussi que les chauves-souris se promènent « de mémoire », sonar coupé, l’écholocalisation leur demandant une forte dépense énergétique.
Les chauves-souris émettent aussi des cris audibles par l’homme, qu ‘elles utilisent notamment pour communiquer entre elles.
Les naturalistes apprennent à les reconnaître et à identifier le cri des différentes espèces. Néanmoins, il devient vite indispensable d’utiliser un détecteur d’ultrasons, appelé batbox, permettant de rendre audibles les ultrasons émis par les chauves-souris. Une oreille expérimentée est ainsi capable de distinguer certaines espèces en fonction de la nature du son, de sa fréquence, du rythme des cris. Il est aussi possible de déterminer si l’animal est en phase de détection – les cris s’accélérant pour poursuivre une proie – ou de dégustation de sa proie.
Quelques enregistrements de la Sonothèque de ce site :
Grand Rhinolophe
Sérotine commune
Murin de Daubenton
Cycle de vie et reproduction en France
Hiver : de mi-octobre à mi-mars
Dès les premiers froids de l’hiver, certaines chauves-souris gagnent des sites souterrains tranquilles offrant l’obscurité, une température fraîche et constante, et une hygrométrie élevée (grottes, mines, caves, fissures). Elles y séjourneront jusqu’au printemps en hibernation. D’autres passeront l’hiver dans des cavités d’arbres.
Pendant l’hibernation, leur métabolisme se ralentit à l’extrême (baisse de la température, du rythme cardiaque, ralentissement de la respiration…) de manière à réduire fortement leurs dépenses d’énergie. Elles ne se nourrissent plus pendant plusieurs mois et puisent donc dans les réserves accumulées pendant l’été.
Printemps ; de mi-mars à mi-mai
À l’arrivée du printemps, les chauves-souris, se réveillent, rejoignent leurs terrains de chasse et reconstituent leurs réserves. C’est aussi la 2ème phase de la reproduction, pendant laquelle les femelles déclenchent l’ovulation suivie de la fécondation et du développement de l’embryon.
Été : de mi-mai à fin août
A partir du mois de mai les femelles recherchent des gîtes de reproduction. Ce sont des abris calmes, sombres et chauds : arbres creux, ponts, combles… dans lesquels elles se regroupent, mettent bas et élèvent leur unique petit de l’année.
Les jeunes voleront et deviendront autonomes au bout de 6 à 8 semaines.
Les mâles et les chauves-souris immatures sont exclus de ces gîtes, et vivent généralement en solitaire ou en petits groupes dans des gîtes intermédiaires.
Automne : de fin août à mi octobre
Après la mise bas, mâles et femelles, se regroupent en grand nombre sur des sites dits de swarming (essaimage) pour l’accouplement. Les femelles conservent les spermatozoïdes dans leur utérus tout l’hiver avant une fécondation à leur réveil au printemps.
Les chauves-souris constituent alors des réserves de graisse vitales pour affronter les mois de jeûne hivernal.
Attention ! les périodes critiques pour les chauves-souris sont l’hibernation, chaque réveil les obligeant à puiser beaucoup d’énergie dans leurs réserves qui risquent de s’épuiser avant le printemps si elles sont trop dérangées et qui peut conduire à leur mort, et la période estivale avant que les petits ne sachent voler.
Il ne faut surtout pas les déranger à ces périodes.
Longévité
Chez les mammifères, les animaux les plus grands vivent souvent beaucoup plus longtemps que les petits.
Ainsi un éléphant ou une baleine ont une espérance de vie beaucoup plus longue qu’un lapin ou une souris.
La chauve-souris est une exception. De nombreuses espèces peuvent vivre jusque 15 ans, 30 ans pour quelques unes. Un Murin de Brandt espèce de moins de 10g a même vécu 41 ans.
Comment expliquer cette longévité ?
Si l‘hibernation semble en être un facteur clé, l’explication est surtout dans leurs gênes. « Ces gènes contrôlent des activités cellulaires comme la réparation de l’ADN, l’élimination des déchets cellulaires et la suppression tumorale. » Si vous voulez en savoir plus sur cette capacité, Source.
Cette longévité très importante compense une faible fécondité (un seul petit par an). « Cette stratégie de reproduction (survie adulte forte, fécondité faible et maturité sexuelle relativement tardive (à l’âge de deux ans et plus) […] induit de faibles capacités de renouvellement des populations. En d’autres termes, une population fortement affectée par la mortalité brutale de nombreux adultes aura des difficultés à retrouver rapidement son niveau d’origine. » Cette stratégie rend donc les chauves souris particulièrement fragiles aux nombreux dangers qui les menacent. Source
Habitats, corridors écologiques
Selon les espèces, et les saisons, les chauves-souris occupent des habitats très variés : arbres, grottes, cavités souterraines, anfractuosités, parois rocheuses et falaises, bâtiments humains (greniers, combles, derrière de volets, caves, fissures dans les constructions).
On classe schématiquement les chauves-souris en 2 espèces, les espèces arboricoles (Noctule commune, Barbastelle d’Europe…) souvent forestières, qui utilisent les cavités présentes dans les arbres pour se reproduire et hiberner, et les espèces anthropophiles fortement liées aux bâtiments, au moins en période de reproduction. Elles affectionnent les combles bien chauds pour mettre au monde leur unique jeune.
Lors de leurs déplacements, incapables de s’orienter dans un milieu trop ouvert à cause du manque de points de repère (plaine de grande culture…), les chauves-souris empruntent des structures linéaires du paysage (ou corridors de déplacement) comme les alignements de buissons et d’arbres, les haies, les lisières forestières, les cours d’eau,…
A propos de ces corridors, Michaël Rolin raconte une anecdote.
Des naturalistes Belges avaient remarqué des Pipistrelles qui chassaient tous les soirs au milieu d’une grande monoculture, en suivant une ligne imaginaire. Pas de haie, pas de corridor écologique ! En consultant d’anciennes cartes du territoire, ces naturalistes ont constaté qu’au 17e siècle une grande haie sauvage occupait cette ligne imaginaire. La mémoire de cette haie s’était poursuivie de génération en génération jusqu’à nos jours !
Interaction écologique, menaces et protection
En France , presque toutes les chauves-souris sont insectivores.
Capables d’ingérer plus d’un tiers de leur poids en insectes par nuit, elles participent à la régulation des populations d’insectes dont certains sont vecteurs de maladies ou ravageurs de cultures. Elles jouent donc un rôle essentiel dans la protection des cultures.
De plus, les chauves-souris sont considérées comme des espèces « parapluie ».
Cela signifie que leur présence est un indicateur de la qualité de l’environnement. En raison de la diversité de leurs modes de vie, en protégeant les zones où elles vivent, on protège tout un environnement, essentiel à la biodiversité, permettant ainsi de sauvegarder d’autres espèces vulnérables.
Pourtant, comme de nombreuses espèces animales, les chauves-souris sont globalement en déclin. Le bilan 2018 de l’Observatoire National de la Biodiversité (ONB) montre que les populations de chauves-souris ont diminués de 38% en 10 ans.
Elles sont en effet exposées à de plus en plus de menaces.
La principale de ces menaces est la perte de leurs gîtes.
« On observe depuis plusieurs dizaines d’années une baisse effective des gîtes de reproduction, d’hibernation ou de transit des chauves-souris. Ceci est dû à la rénovation ou à la destruction de vieux bâtiments, l’aménagement des combles, la disparition ou la fermeture des souterrains, la disparition des arbres creux, la pose de grillages bloquant l’accès aux clochers, etc. »
Une autre cause importante est l’emploi de produits phytosanitaires.
« L’utilisation systématique de pesticides a entrainé une diminution de la quantité ainsi que de la qualité des insectes disponibles, principale ressource alimentaire des chauves-souris. En plus d’éliminer une part importante des proies, les pesticides agissent directement sur la santé des chiroptères. […]
A cela s’ajoutent les traitements chimiques des charpentes qui entrainent également des empoisonnements. »
D’autres menaces encore :
La dégradation du milieu
« L’urbanisation, la construction de routes ou voies ferrées, l’assèchement de zones humides, ou la diminution des surfaces boisées, et l’arrachage des haies font disparaitre des territoires de chasse et entrainent une fragmentation d’habitats. Ces dégradations impactent particulièrement les chauves-souris qui ont besoin de continuités écologiques pour se déplacer entre les milieux. »
La pollution lumineuse.
« L’éclairage nocturne de plus en plus important en milieu urbain mais aussi rural perturbe fortement les sorties de gîtes et les déplacements de nombreuses espèces. »
Des études ont montré que la plupart des chauves-souris « attendent la baisse de luminosité pour s’activer, mais comme la quantité d’insectes est plus importante en début de nuit, ce retard de sortie impacte la qualité de leur chasse. »
L’extinction des feux effectué par de nombreuses communes de minuit à 5h00 du matin, n’a pas grand intérêt pour la plupart des espèces de chauves-souris. D’autres études semblent montrer qu’il serait plus efficace de les éteindre à partir de 23h. »
Les éoliennes, les voitures
« Les parcs éoliens sont mortels pour les chauves-souris non seulement en raison des collisions avec les pales, mais surtout à cause des variations de pression importantes provoquées par le mouvement rapide de ces dernières. Lorsque les chauves-souris s’approchent de l’éolienne, ce changement rapide de pression provoque des traumatismes et des hémorragies internes fatales au niveau des poumons. Ce traumatisme est appelé «barotraumatisme». »
Si vous voulez en savoir plus sur l’impact des éoliennes sur les chauves-souris, lisez cette étude.
« Les collisions avec les voitures et les trains quant à elles représentent un facteur important de mortalité chez les chauves-souris. Les routes causent en effet des coupures dans les corridors écologiques empruntés par les chiroptères. »
Les déranger
« La fréquentation ou l’éclairage des cavités peut réveiller une chauve-souris en hibernation et un seul réveil consomme l’équivalent de 30 à 60 jours de réserves énergétiques ! Des dérangements trop fréquents peuvent donc leurs êtres fatals.
Dans les colonies de reproduction, l’affolement des femelles dérangées peut faire tomber les jeunes au sol et provoquer leur mort. »
La prédation ou la concurrence avec d’autres espèces
Les chauves-souris accrochées dans des recoins difficilement accessibles ont assez peu de prédateurs. Elles peuvent néanmoins être les victimes des rapaces, des nombreux chats domestiques excellents chasseurs de chiroptères, et de mammifères carnivores tel la fouine.
« L’effraie des clochers, espèce également protégée, affectionne les mêmes gîtes que les chauves-souris. En plus d’être un prédateur, elle peut ainsi entrer en concurrence dans la recherche d’habitat. Son installation dans le même gîte pourra donc nuire à toute la colonie. » Source : LPO Centre-Val de Loire
Face à ces menaces, en France, toutes les espèces sont protégées.
Détruire des chauves-souris, les capturer, les déplacer ou porter atteinte à leur gîte et/ou leurs habitats est formellement interdit. Le non-respect de ces interdictions entraîne une peine d’emprisonnement de trois ans et de 150 000 € d’amende, selon l’article L415-3 du code de l’environnement.
Les chauves-souris aux Grands Coudrays
Comme énoncé en introduction, courant 2024, Michaël ROLIN, chargé d’études faune au Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement (CDPNE) , a mené une étude chiroptérologique sur la ferme des Grands Coudrays, pour le Conseil Départemental du Loir-et-Cher, Service Environnement, Aménagement et Solidarités rurales.
Onze espèces ont été recensées (21 en Sologne). Ci-dessous un diaporama les présentant.



















« La grande majorité des contacts provient de l’activité de chasse de la Pipistrelle commune qui représente plus de 68% de l’activité totale. Viennent ensuite la Pipistrelle de kuhl (10,90%), la Noctule commune (5,76%), l’Oreillard gris (4,65%), la Barbastelle d’Europe (2,90%), la Sérotine commune (2,03%) et le Murin de Bechstein et le Murin de Natterer avec respectivement (1,66%).
Les trois dernières espèces, le Murin de Daubenton, le Grand Murin et le Grand Rhinolophe ont chacune un nombre de contacts inférieur à 1%, ce qui représente une activité anecdotique sur le site par rapport à l’activité totale en 2024. »
Michaël ROLIN a attribué un niveau d’enjeu à chaque espèce présente aux Grands Coudrays en fonction de la présence ou non d’une colonie sur le site, leur activité sur le site, et leur patrimonialité.
« Les espèces patrimoniales sont l’ensemble des espèces protégées, des espèces menacées (liste rouge) et des espèces rares, ainsi que (parfois) des espèces ayant un intérêt scientifique ou symbolique. »
Aux Grands Coudrays, l’enjeu est fort pour le Grand Rhinolophe et la Noctule commune.
Pour le Grand Rhinolophe, ceci est dû à la présence de la colonie de reproduction que les femelles ont établie, depuis plusieurs années, bien au chaud sous les vieilles tuiles plates de la grange. En effet, le Grand Rhinolophe ne peut s’établir que dans de vastes combles calmes et accessibles en vol. Il est très sensible aux dérangements et quittera le gîte s’il est trop souvent dérangé.
L’enjeu est modéré pour la Barbastelle d’Europe, le Grand Murin, le Murin de Daubenton, le Murin de Bechstein, et l’Oreillard gris.
Il est faible pour le Murin de Natterer, la Pipistrelle commune, le Pipistrelle de Kuhl et la Sérotine commune.
Vous trouverez ci-dessous une fiche qui décrit chacune des 11 espèces recensées l’été 2024 aux Grands Coudrays.
Un lien pointe pour chacune sur le superbe site du Plan National d’Actions Chiroptères.
Sources :
– Les chauves-souris de Jean-François NOBLET, Payot, Atlas Visuels
– Wikipédia Chiroptera
– Plan national d’actions chiroptères
– LPO Centre-Val de Loire
– Cohabiter avec les chauves-souris en Pays de Loire
– Le guide technique, Opération refuges pour les chauves-souris édité par la SFEPM à télécharger
– Une vidéo du Muséum national d’Histoire naturelle, « Chauves-souris, les échos de la nuit »
Pour écrire cet article, j’ai lu beaucoup d’informations sur de très nombreux sites tous aussi passionnants les uns que les autres. Merci à tous !
J’espère ne pas en oublier. Si c’est le cas, qu’ils se manifestent.