Un matin au rythme des oiseaux
Samedi 5 juillet, à 7h45 tapantes, la ferme des Grands Coudrays s’est animée curieusement.
Quinze passionnés de nature – petits et grands – se sont retrouvés pour inaugurer la première sortie nature, ouverte au public et entièrement gratuite, organisée par l’association « Des Racines et des Rêves ».
Autour d’un petit déjeuner simple, nous avons accueilli les participants avec notre guide du jour, Christian Gauberville, ancien ingénieur forestier, expert en botanique et écologie forestière, véritable puits de savoir capable d’identifier en quelques secondes n’importe quel chant d’oiseau, et qui plus est, entré au conseil d’administration de l’association début 2025.
« Nous sommes un peu avancés dans la saison des amours des oiseaux », prévient Christian, « nous risquons d’en voir et d’en entendre un peu moins que prévu. » Il nous explique à ce titre en préambule que les oiseaux chantent pour séduire, alerter ou défendre un territoire.
Les premières rencontres ailées
Soudain, en quittant le sous-bois, la magie opère. Dans le ciel, deux Balbuzards pêcheurs planent en cercle tandis qu’un un Circaète Jean-le-Blanc trace plus loin sa ligne, en pleine session de repérage.
Les regards se lèvent, les jumelles s’ajustent, et le silence s’installe.
D’envergure un peu plus grande (jusqu’à 1,80m), le Circaète se distingue par sa grosse tête ronde et sombre ; la pointe de ses ailes est assez pâle. Les deux Balbuzards ont la calotte blanche en grande partie, le trait sourcilier noir et une bande pectorale brune.
Avec Christian, c’est facile de les distinguer !
Des plumes et des histoires
La plupart des photos ci-dessous ont été empruntées à Jessica Joachim que je remercie et dont j’invite fortement à visiter le merveilleux site Les carnets nature de Jessica.














À peine quelques mètres parcourus sur le sentier, un chant résonne. “Pic noir !” annonce Christian.
En effet, nous le verrons s’envoler au-dessus de nos têtes quelques secondes après !
Chaque espèce d’oiseau possède une mélodie, un rythme, une intensité, un timbre particulier.
Ce ne sont pas que des gazouillis, ils ont chacun leur identité.
La ferme des Grands Coudrays, avec ses bosquets, fourrés, arbres isolés et prairies, offre une mosaïque d’habitats idéale pour une grande diversité d’espèces.
Les jeunes oiseaux, avant d’entamer leur migration, repèrent déjà des sites favorables pour nicher l’année suivante. Ils se dispersent pour enregistrer les paysages, les images, et reviendront nicher sur le même territoire l’année suivante.
Tout au long du parcours, les observations s’enchaînent : Rouge-gorge, Pigeon ramier, Mésanges, Pics variés, Sittelle torchepot, Loriot d’Europe, Grimpereau des arbres, Grive musicienne…
Et toujours, un simple « tiiik tiiik zuik » suffit à Christian pour identifier l’espèce et partager une anecdote.
Saviez-vous que les oiseaux perçoivent les rayons ultraviolets, ce qui permet, par exemple à des rapaces, de repérer les traces d’urine laissées par les rongeurs sur le sol et de les traquer plus facilement ?
En fin de balade, une petite scène de nature brute nous intrigue : quelques plumes colorées de geai gisent au sol. “Probablement un renard, ou un rapace, qui est passé par là…” suggère un participant.
Ce moment devient l’occasion d’observer les plumes d’oiseaux. Elles sont imperméables et implantées comme les tuiles sur un toit. Celles des ailes sont dissymétriques, contrairement à celles de la queue, ce qui favorise le vol. Les plumes des rapaces nocturnes présentent une forme de peigne qui atténue leur bruit, ce qui leur permet d’attraper leurs proies très facilement.
Nature et climat : un lien vital
Au fil de la matinée, Christian nous rappelle l’importance de protéger la biodiversité.
Le réchauffement climatique et l’utilisation des pesticides contribuent à la disparition massive des insectes, nourriture principale des oiseaux, ce qui perturbe l’équilibre de la chaîne alimentaire, des plus petits invertébrés aux plus grands rapaces.
Les oiseaux réagissent très vite au changement climatique et ils sont déjà remontés en Europe de quelques 110 km depuis 1990, en lien avec une augmentation de la température moyenne de 1°C durant cette période, modifiant ainsi leurs aires de répartition.
Une nouvelle preuve que préserver ces milieux, c’est préserver la vie dans toutes ses formes.
Chacun peut contribuer à son échelle à favoriser les milieux pour les oiseaux : leur mettre de l’eau à disposition dans le jardin, été comme hiver (bien penser à briser la glace par les journées très froides) et des graines de tournesol l’hiver. Oublions boules de graisse et pain qui les nourrissent peu ou mal.
Applications mobiles
Comme nous n’avons pas tous un Christian sous la main, certaines applications mobiles existent pour identifier facilement les oiseaux qui nous entourent :
- Merlin Bird ID (fonctionne sans le réseau)
- BirdNET (fonctionne avec le réseau)
Le « Guide Ornitho » aux éditions Delachaux et Niestlé, est aussi un guide incontournable pour les passionnés d’oiseaux.
Ces aides sont néanmoins moins conviviales et ne vous raconteront pas toutes les anecdotes de nos guides.
N’hésitez donc pas à vous inscrire à nos prochaines sorties !
Prochains rendez-vous :
Cette sortie illustre parfaitement l’un des objectifs de l’association : rassembler, sensibiliser et favoriser l’hospitalité active de la vie sauvage.
Le succès de cette première édition nous encourage à poursuivre !
• Vendredi 23 août, 20h00-22h30
« Nuit Européenne de la chauve-souris » en partenariat avec Sologne Nature Environnement .
• Vendredi 13 septembre, 14h00-17h00
« Habitats naturels, flore et faune de Sologne » avec Christian Gauberville.
Plus d’informations ici.
Inscriptions gratuites mais obligatoires (nombre limité de places) par mail à : contact@desracinesetdesreves.org